Images de la pensée

Trois films pour aborder différemment
les notions philosophiques avec les élèves lycéens.

Images de la pensée est un cycle proposé aux professeurs de lettres et de philosophie. Chaque film est choisi en collaboration avec un enseignant, qui le relie ensuite à différentes notions au programme et propose des pistes pédagogiques.

Les films sont disponibles durant toute l’année scolaire, et les séances sont programmées à la demande. Chaque professeur peut choisir de voir un seul film, ou plusieurs. Des dossiers pédagogiques sont disponibles pour la plupart des films.


Le cinéma et la guerre, c’est l’histoire du témoignage de l’art face à la folie humaine, et si l’on ne peut la penser et l’expliquer, au moins faut-il la montrer. La guerre n’est-elle le phénomène le plus ordinaire des hommes malgré tous les dénis ?

On oppose généralement la guerre à la paix, la folie à la raison, la barbarie à la civilisation mais s’agit-il de réalités vraiment extérieures les unes aux autres ? Et si la folie était interne à la civilisation elle-même ? La guerre n’est-elle pas un produit de la technique nécessitant un savoir faire scientifique de haut vol et un très haut niveau de maîtrise de la culture et de la discipline pour l’exercer ? En conséquence un haut niveau de civilisation implique un haut niveau de sophistication de l’armement jusqu’à la mise au point de façon inédite dans l’histoire des armes de destruction massive – capables d’effacer toute trace de l’humanité sur la terre en quelques secondes. Jamais un tel usage de la violence illimitée ne serait envisageable en dehors de la civilisation – par exemple dans la société animale.

La guerre n’est pas un accident de parcours de la civilisation, ni même le contraire de la civilisation, ni son « dérèglement soudain», elle est au cœur de ce qu’il y a d’humain, d’immédiatement plus humain. Le plus inquiétant, c’est la capacité avec laquelle l’homme a réussi à rendre la violence illimitée en mettant au point des processus scientifiques : des réactions chimiques ou des réactions physiques demandant un effort de plus en plus poussé de la rationalité. Il se pourrait que la « civilisation » et « la raison » ne soient que des surfaces faisant diversion de la profonde folie humaine.

Celui qui montre la guerre au cinéma prend le risque de la transformer en spectacle c’est-à-dire en œuvre esthétique. Il n’y a pas d’images possibles de l’horreur parce que le propre de l’horreur est d’être irreprésentable. La question est de savoir s’il existe ou non une pédagogie de l’horreur, s’il suffit d’éduquer les consciences pour empêcher que l’horreur recommence. Et c’est justement toute la problématique du cinéma : résister à l’oubli et montrer de quelle vérité est capable l’homme, une contre-guerre pour la mémoire en somme.


Programmation 2018-2019

× Le Pianiste de Roman Polanski
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Au revoir là-haut d’Albert Dupontel
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Valse avec Bachir  d’Ari Folman