De James Gray

avec Brad Pitt, Tommy Lee Jones, Ruth Negga

USA ⎢ 2019 ⎢ 2h04 ⎢vostf

× Du 9 au 22 oct × 



L’astronaute Roy McBride s’aventure jusqu’aux confins du système solaire à la recherche de son père disparu et pour résoudre un mystère qui menace la survie de notre planète. Lors de son voyage, il sera confronté à des révélations mettant en cause la nature même de l’existence humaine, et notre place dans l’univers.


Rentrée studieuse pour James Gray. Si le réalisateur concrétisera en novembre l’un de ses rêves avec la mise en scène de l’opéra Les Noces de Figaro au Théâtre des Champs Élysée, le plus européen des cinéastes américains est également de retour au cinéma avec Ad Astra. Après avoir sondé les profondeurs du drame à travers plusieurs films magnifiques tels que The Yards (2000) ou Two Lovers (2008), James Gray avait déjà pu explorer d’autres contrées cinématographiques avec The Lost City of Z (2017), film d’aventure ambitieux “maudit” pendant de longues années. Avec Ad Astra, il réalise cette fois son premier film de science-fiction autour d’une aventure spatiale introspective bouleversante.
 
Mais si le genre convoqué diffère, les obsessions de James Gray devraient de nouveau se retrouver au coeur de son projet, et en premier lieu la question des rapports entre père et fils. Celle-ci traverse ainsi l’ensemble de sa filmographie depuis Little Odessa (1994), point de départ de la carrière du réalisateur alors âgé de 24 ans. Dans Little Odessa, un père autoritaire et triste (Maximilian Schell) fait face à un fils sombre et dangereux (Tim Roth). Dans une scène superbe, concentrant toute la beauté et la mélancolie des films de James Gray, le père évoque ainsi sa relation avec son fils  : “À 6 ans, un fils pense que son père peut tout faire. À 12 ans, il pense que son père peut presque tout faire. À 16 ans, il pense que son père est un idiot. À 24 ans, il se dit que son père n’était peut-être pas si idiot finalement. Et à 40 ans, il se dit “si seulement je pouvais demander à mon père”. Mais j’ai bien peur que mon fils ne se dise jamais ça…”