Dimanche 16 janvier > 16h50

Toiles de Maître

Cycle Maurice Pialat

Séance suivie d’une conférence avec Thierry Cormier

Avec le soutien de De la suite dans les images

Lorsque Maurice Pialat reçoit la Palme d’or au Festival de Cannes en 1987 pour Sous le soleil de Satan, il lance à la salle, en réponse aux cris et sifflets qui lui sont adressés : « Si vous ne m’aimez pas, je peux vous dire que je ne vous aime pas non plus », et termine en levant le poing au ciel.

Pialat, comme ses personnages et ses récits, se situent là : dans ce geste et ces mots, entre rage et passion, où le sentiment amoureux tient une place centrale, loin des clichés mais au plus près de la vérité.

Que son premier court métrage professionnel, en 1961, porte le titre énigmatique L’Amour existe, – alors qu’il n’y est représenté qu’injustice sociale et misère culturelle, destruction patrimoniale et environnementale, enfance abîmée et isolement de la vieillesse -, ne cesse de nous interpeller.

Poème visuel et sonore d’une violente mélancolie, constat désespérant sur une banlieue d’hier qui pourrait être encore celle d’aujourd’hui, de quelle existence de l’amour est-il question dans ce film et les 10 autres longs métrages qui suivront ?

Le cinéma de Pialat c’est l’amour pour les films et la détestation du monde du cinéma, tension contradictoire entre passion et haine qui se joue dans ses histoires de couples ou d’enfants et de parents confrontés à la maladie, la mort ou l’abandon. Il y a la violence des mots, des actes et des sentiments chez ses personnages qui débordent de tendresse. Il y aussi la beauté d’instantanés de vie, parfois autobiographiques, toujours authentiques, dont Pialat est l’un des rares cinéastes à avoir su, non pas filmer, mais proposer à notre regard et nos coeurs, dans un imperceptible glissement de la réalité vers la fiction, jusqu’à rendre celle-ci réelle.

Nous ne vieillirons pas ensemble

de Maurice Pialat
avec Marlène Jobert, Jean Yanne, Christine Fabrega
France I 1972 I 1h30 I en version restaurée

Jean, la quarantaine, est un éternel enfant doublé d’un cinéaste raté. Marié depuis de nombreuses années, il ne peut se résoudre à quitter sa femme pour sa jeune maitresse qu’il côtoie depuis six ans : Catherine. Pourtant amoureux de cette dernière, son comportement et leurs violentes disputes les éloignent un peu plus chaque jour. Jusqu’à ce que Catherine lui annonce son mariage avec un autre homme. Jean impuissant face à cette situation, n’a d’autre choix que de la voir sortir de sa vie…

L’amour sans fin ?

Tout cela m’est arrivé à moi. J’ai fait le film pour me détacher d’une obsession. Quand il a été terminé, c’est devenu une autre histoire, que j’avais créée et non vécue. Une histoire où chacun, maintenant, peut retrouver quelque chose qui le concerne.

Maurice Pialat.

Filmé en plusieurs plans-séquences, ce film, inspiré de la propre histoire Pialat, est une suite d’instants de vérités sur l’impossible rupture entre deux êtres qui s’aiment et se détestent. En cela, Nous ne vieillirons pas ensemble constitue l’un des miroirs les plus précis et dérangeants sur le couple, sur nos vies de couple.

Thierry Cormier

horaires des séances

  • Mercredi 4 décembre 17h15 / 21h
  • Jeudi 5 décembre 16h45
  • Vendredi 6 décembre 16h / 19h10 séance en présence du réalisateur
  • Samedi 7 décembre 14h30 / 19h10
  • Dimanche 8 décembre 18h15
  • Lundi 9 décembre 16h30 / 21h
  • Mardi 10 décembre 12h10 / 16h15
  • Mercredi 11 décembre 17h15
  • Jeudi 12 décembre 21h
  • Vendredi 13 décembre 18h30
  • Samedi 14 décembre 19h
  • Dimanche 15 décembre 14h / 21h
  • Lundi 16 décembre 16h45 / 19h
  • Mardi 17 décembre 12h10 / 19h
  • Mercredi 18 décembre 16h30
  • Jeudi 19 décembre 19h
  • Samedi 21 décembre 17h
  • Lundi 23 décembre 17h

Dimanche 16 janvier 16h50 – séance unique

bande-annonce