De Elia Suleiman

Avec Elia Suleiman, Gael García Bernal, Tarik Kopty

France, Qatar, Allemagne, Canada, Turquie, Palestine ⎢ 2019 ⎢ 1h42 ⎢vostf

 En sortie nationale × Du 4 au 24 déc × 

× Coup de coeur ×



ES fuit la Palestine à la recherche d’une nouvelle terre d’accueil, avant de réaliser que son pays d’origine le suit toujours comme une ombre. La promesse d’une vie nouvelle se transforme vite en comédie de l’absurde. Aussi loin qu’il voyage, de Paris à New York, quelque chose lui rappelle sa patrie. Un conte burlesque explorant l’identité, la nationalité et l’appartenance, dans lequel Elia Suleiman pose une question fondamentale : où peut-on se sentir ” chez soi ” ?


10 ans après Le temps qu’il reste (2009), le plaisir de retrouver sur nos écrans un film de Elia Suleiman est bien réel. Si le réalisateur palestinien avait jusque-là convoqué le monde au sein même de son pays, c’est cette fois au sein de ce monde globalisé, à travers des scènes à Paris et New York notamment, que le réalisateur a souhaité mettre en exergue un climat de tension et des situations de violence (symbolique ou réelle) jusque-là associés dans l’imaginaire collectif à des coins éloignés de ce monde occidental. 

Mais Elia Suleiman reste Elia Suleiman. Plutôt que de pointer lourdement du doigt, le réalisateur use d’une loufoquerie et absurdité qui lui sont propres, délaissant le verbe pour l’image et le cadre (toujours impressionnant de justesse) et insufflant à son film une superbe teinte burlesque, justifiant les comparaisons régulières avec Buster Keaton et Jacques Tati.