De Rodrigo Sorogoyen

avec Marta Nieto, Anne Consigny, Alex Brendemühl

Espagne, France ⎢ 2020 ⎢ 2h09 ⎢vostf

× Du 29 juillet au 4 août × 



Dix ans se sont écoulés depuis que le fils d’Elena, alors âgé de 6 ans, a disparu. Dix ans depuis ce coup de téléphone où seul et perdu sur une plage des Landes, il lui disait qu’il ne trouvait plus son père. Aujourd’hui, Elena y vit et y travaille dans un restaurant de bord de mer. Dévastée depuis ce tragique épisode, sa vie suit son cours tant bien que mal. Jusqu’à ce jour où elle rencontre un adolescent qui lui rappelle furieusement son fils disparu…


RODRIGO SOROGOYEN

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Changement de ton pour Rodrigo Sorogoyen. Après Que dios nos perdone (2016) et El Reino (2019), deux thrillers électrisants, aux rythmes effrénés, le cinéaste espagnol est de retour dans les salles obscures avec un drame intimiste : Madre. 

Adapté de son propre court métrage éponyme (2017) primé dans de nombreux festivals internationaux, Madre marque en réalité le prolongement de ce premier projet. Le long reprend ainsi le point de départ du court : une mère confrontée, impuissante, à une peur soudaine et terrifiante – peur partagée par les spectateurs – de savoir son fils en danger. 

Mais, après un long plan-séquence d’ouverture saisissant, scotchant le spectateur à son siège (domaine dans lequel le réalisateur excelle), Rodrigo Sorogoyen prend de la distance. Temporellement, tout d’abord, en inscrivant l’essentiel de son intrigue dix ans après cet évènement. Géographiquement, ensuite, en quittant une Espagne sombre et urbaine pour une France estivale, aux plages landaises baignées de lumière. Si les personnages construits par le cinéaste demeurent obsessionnels, menant ces derniers au bord d’une folie auto-destructrice, Madre permet l’émergence de nouvelles sensations dans le cinéma du réalisateur, une douce tendresse se substituant progressivement à une violente frénésie. 

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