Croix de fer

De Sam Packinpah

Avec James Coburn, Maximilian Schell, James Mason

Allemagne, Grande-Bretagne ⎢1978 ⎢2h13 ⎢ vostf

× Toiles de Maître × Cycle Sam Peckinpah ×

 Séance ⎢Dim 17 mars × 16h ⎢

Interdit aux moins de 12 ans

Sur le front russe, un aristocrate allemand est prêt à tout pour obtenir la croix de fer. Tout sauf y laisser la vie. Cette conception du métier de soldat se heurte à celle d’un vieux baroudeur placé sous ses ordres. Un film sur les méfaits de l’héroïsme outrancier.


Orchestrer LE CHAOS

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Je veux saisir le regard perdu à l’infini qu’on ne trouve que dans les yeux de ceux qui sont restés trop longtemps au front.
Sam Peckinpah
Précurseur du Nouvel Hollywood, auteur, de film en film, d’une démystification de l’Amérique, de son Histoire et de ses héros, Sam Peckinpah s’est attaché, aux côtés de réalisateurs comme Samuel Fuller ou William Friedkin, à retravailler les grands genres cinématographiques (westerns, films de gangsters ou de guerre…), en renonçant à toute vision romantique ou romanesque, pour se focaliser sur la violence. Ses films, surtout ses westerns, hantés par des figures de hors-la-loi vieillissants confrontés à un monde moderne qu’ils ne comprennent pas, ne cessent d’opposer la barbarie et la civilisation. Et si ses oeuvres nous renvoient une violence parfois stylisée et baroque, ce n’est certainement pas par complaisance, c’est au contraire pour nous déranger. 
Venu de la télévision, où il sera scénariste et metteur en scène de séries, il ne réalisera son premier long métrage qu’à l’âge de 36 ans en 1961. Cinéaste en lutte perpétuelle avec les autres (producteurs, studios, équipes), avec lui-même (drogue, alcool), il n’est pas pour rien le cinéaste du conflit (entre générations, entre l’ancien et le moderne…). En 14 films, il livrera une représentation du chaos des sociétés humaines, sans rien magnifier, bien au contraire. Ce ne sont pas des actions grandioses que mènent les héros de Peckinpah, mais c’est une mise en scène grandiose au service d’une action abjecte : le massacre, mieux, l’industrie du massacre en lien avec l’avènement de la société industrielle. Et si il y a critique chez lui, elle se porte bien sur la société contemporaine et la dénonciation du cynisme politique.
En trois films donc, nous vous proposons de redécouvrir ce cinéaste majeur qui aura laissé une empreinte durable sur plusieurs générations de réalisateurs : de Scorsese à Tarantino.
Avec Full Metal Jacket de Stanley Kubrick ou Apocalypse Now de Francis Ford Coppola, rares sont les films de guerre dont le propos n’est pas tant la dénonciation que l’analyse d’une violence organisée par les hommes. Croix de fer en est une autre variation d’autant plus atypique que le point de vue choisi est celui des soldats allemands durant la Deuxième Guerre mondiale.
Thierry Cormier

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Séance suivie d’une conférence de Thierry Cormier